Discours du Président de la République lors de la remise du Rapport Annuel 2012

posté le 28-11-2013

Bismil’ahi, rahamane, rahimi,

Allahoumma çalli alâ Mouhammadine

wa alâ âli Mouhammadine wa sallim.



Monsieur le Premier ministre,

Mesdames et Messieurs les chefs d’institution,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Monsieur le Vérificateur Général,

Excellence Monsieur le Doyen du Corps diplomatique,

Excellence Monsieur l’Ambassadeur du Canada,

Mesdames et Messieurs du Bureau du Vérificateur Général,

Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités, tous protocoles observés,



Je vous sais gré, Monsieur le Vérificateur Général, du souci que vous 

avez, face l’ampleur de ce que vous avez qualifié d’ « incontestable 

gâchis » et de « désastre innommable ».



Oui, en effet, Monsieur le Vérificateur général, il n’y a pas de mot à 

la hauteur de l’exaspération pour qualifier l’improbité, telle qu’elle 

a cours dans notre pays et telle que vous l’avez si éloquemment 

décrite dans votre rapport.



Comment imaginer, qu’au cours de l’année 2012,

• pendant que notre Nation touche le fond par le biais d’une crise 

sans précédent,

• pendant que la République vacille, alors qu’une conspiration 

narco-terroriste s’abattait sur notre pays, jetant sur les routes de 

l’exil et de la désespérance de centaines de milliers de nos 

compatriotes,

• pendant que la communauté internationale nous venait en appui,



Comment pouvait-on imaginer que des agents, commis pour gérer les 

maigres ressources de l’Etat, tranquillement, toute dignité bue, aient 

pu s’adonner à la fraude, la mauvaise gestion, le détournement de 

deniers publics, à une si grande échelle ?



Comment, dans les conditions qui étaient celles du Mali de 2012, des 

Maliens, qui devraient avoir souci du Mali, qui devraient avoir pitié 

du Mali, qui devraient faire preuve de compassion pour les réfugiés 

des camps, les déplacés de tous nos villes, les flagellés, les amputés 

et les lapidés du Nord de notre pays, aient pu ainsi détourner près de 

50 milliards de nos francs ?



Mesdames, messieurs,



Comprenez donc que je ne puisse comprendre, que je ne puisse accepter, 

que je ne puisse tolérer, a fortiori, être complaisant à l’égard de 

cette immonde corruption qui gangrène la gestion de l’Etat.



C’est pourquoi, loin d’une rengaine, je le dis avec force conviction, 

je suis déterminé de toute mon âme à organiser implacablement la lutte 

contre la corruption sur la base d’un principe intangible : « 

TOLÉRANCE ZÉRO », sans aucune exception. Le Mali a trop longtemps 

saigné, il est temps d’arrêter l’hémorragie.



Monsieur le Vérificateur Général,



Je voudrais vous remercier, vous et votre équipe, d’être du combat 

pour un Mali mieux géré. Un Mali plus intègre, où l’argent des 

hôpitaux va aux malades et où l’argent de l’école est utilisé pour 

mieux éduquer nos enfants, dans un impitoyable contexte de concurrence 

régionale et mondiale.



La loi qui vous créée, Monsieur le Vérificateur Général, vous fonde à 

être, au-delà des audits de régularité, de sincérité ou de 

performance, à être une sorte d’agence de promotion du bon exemple.



Dénoncer la mauvaise gestion est certes de vos missions, mais faites 

aussi en sorte également que la bonne pratique, les institutions ou 

structures acquises à la transparence, à l’efficacité et l’efficience 

soient mises en relief, connues de nos compatriotes, saluées et 

célébrées.



Pour ma part, je vous le redis ici : nul ne sera au dessus de la loi.

Nul ne s’enrichira impunément sur le dos du Mali.

Nul ne se soustraira à l’obligation de rendre compte.

C’est la loi d’airain des pays de progrès.

C’est ce pays que j’ai promis.

C’est ce pays qu’il m’incombe de délivrer.

Merci pour le travail, chers vérificateurs.

Courage, courage ! Vous avez mon soutien.



Je vous remercie.



Dernière mise à jour de cet article: 16-01-2019