Allocution du Vérificateur Général Adjoint - RINLCAO

posté le 12-06-2015

Allocution d’ouverture du Vérificateur Général Adjoint, M. Aboubacar DIARRA, à l'occasion de l'Assemblée Générale Extraordinaire des 8 et 9 Juin 2015 du RINLCAO:



-  Monsieur le Président de la Haute Autorité de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HALCIA) du Niger, Président en exercice du Réseau des Institutions Nationales de Lutte contre la Corruption en Afrique de l’Ouest (RINLCAO) ;



- Monsieur le Conseiller anti- corruption du Bureau Régional pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) ;



-  Madame la Secrétaire Administrative du Réseau des Institutions Nationales de Lutte contre la Corruption en Afrique de l’Ouest (RINLCAO) ;



- Excellences, Messieurs les Ambassadeurs ;



- Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Bamako, chargé du Pôle Economique et Financier ;



- Monsieur le Directeur de la Cellule de Traitement des Informations Financières;



- Monsieur le Directeur de l’Office Central des Stupéfiants;



- Messieurs les Présidents des Organisations de la Société Civile ;



- Honorables invités ;



- Distingués participants ;



- Mesdames et Messieurs ;



C’est pour moi un agréable plaisir de présider la présente cérémonie d’ouverture des travaux de l’Assemblée Générale Extraordinaire du Réseau des Institutions Nationales de Lutte contre la Corruption en Afrique de l’Ouest (RINCLAO), organisée en partenariat avec le Bureau Régional pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) et le Bureau du Vérificateur Général du Mali, cérémonie consacrée à  « la relecture des statuts du RINCLAO ».



A cette occasion, je voudrais  vous souhaiter, à toutes et à tous, au nom du Vérificateur Général, absent de cette cérémonie pour des raisons de santé, à mon nom personnel et à celui de l’ensemble du personnel du Bureau du Vérificateur Général, une chaleureuse bienvenue et un agréable séjour dans la cité légendaire des trois caïmans, carrefour et symbole de la diversité de la culture malienne.



Aw bissimilah



Excellences, Mesdames et Messieurs ;



Deux mois après Abuja au Nigéria où s’est déroulée la table ronde sur la dénonciation et l’Assemblée Générale Annuelle du RINLCAO, l’organisation de l’Assemblée  Générale Extraordinaire du RINLCAO à Bamako, en terre africaine du Mali, constitue la preuve tangible de l’intérêt que le RINLCAO, le Bureau Régional pour l’Afrique de l’Ouest et  Centrale de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) portent sur la coordination et la synergie en matière de lutte contre la corruption et tous les fléaux ou phénomènes adjacents dont notre continent dévient, hélas, de plus en plus une plaque tournante, très souvent en raison de la faiblesse des réponses nationales ou régionales.



Permettez-moi alors de remercier vivement et très chaleureusement chacune et chacun de vous, distinguées personnalités venant des pays frères et des organisations internationales, ambassadeurs et responsables des services spécialisés ainsi qu’acteurs de la société civile, pour votre engagement constant, engagement qui fait que ce matin, malgré vos multiples occupations, vous avez tenu à nous honorer de votre présence et à conférer à notre exercice toute la solennité requise.



Merci à toutes celles  et à tous ceux qui ont bien voulu accepter de rehausser par leur présence cette importante rencontre qui marque une nouvelle étape dans nos politiques nationales et régionales de lutte contre la corruption.



Je voudrais également adresser mes sincères remerciements aux membres du gouvernement, singulièrement, à Monsieur le Premier Ministre, empêché à la dernière minute par la densité d’un agenda extrêmement chargé.



Excellences, Mesdames et Messieurs ;



Le 26 novembre 2013, en remettant son rapport au Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, alors nouvellement élu, le Vérificateur Général du Mali disait : (je cite,)« en affirmant et réaffirmant à maintes occasions et souvent avec des sévères mises en garde publiques qui,  semble t-il ont fait effet, que «Nul ne sera au-dessus de la loi », vous avez clairement indiqué la pierre qui manquait à l’édifice. Parce qu’au Mali, nous connaissons et reconnaissons ceux qui ont toujours été au-dessus de la loi dans le cadre de la gestion des fonds publics et qui, pour arriver à leurs fins, ont toujours fait passer des questions d’immunité par des solutions d’impunité » (fin de citation).  Ses propos, au-delà du message qu’ils portent, illustrent l’étroite collaboration nécessaire entre le politique et le technique pour circonscrire la corruption et la délinquance économique et financière. Ils dénotent également les investissements humains et matériels nécessaires pour une véritable stratégie en la matière, surtout que, comme vous le savez, ce n’est pas parce que nos pays sont sous-développés qu’ils échapperont à la corruption, car le phénomène ne connaît malheureusement pas de frontières et certains observateurs pensent même que les pays africains y sont congénitalement confrontés. Même si cette assertion est largement discutable, elle pose néanmoins le défi d’une réelle introspection et une nécessité indiscutable de s’organiser pour faire face au phénomène.



Ce sont ces bonnes raisons qui ont toujours guidé le Mali dans la recherche d’une réponse nationale à la corruption et à la délinquance économique et financière. D’où les innovations majeures que le Mali a  enregistré ces dernières années. En guise d’illustration, je voudrais signaler :



1) d’abord, la ratification des deux conventions capitales en matière de lutte contre la corruption, à savoir la Convention des Nations Unies contre la Corruption, signée à Merida au Mexique, le 9 décembre 2003 et la Convention de l’Union Africaine sur la Prévention et la lutte contre la Corruption, adoptée à Maputo, au Mozambique le 12 juillet 2003, ainsi que  du Protocole de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur la lutte contre la corruption, adopté à Dakar au Sénégal le 21 décembre 2001.



2) il y a également la mise en place d’un dispositif inédit de contrôle administratif externe, indépendant des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, matérialisé par le Vérificateur Général du Mali et qui formule annuellement, à l’endroit des plus hautes autorités, des observations, critiques et suggestions, à travers ses rapports annuels qui sont également publiés  et rendus publics ;



3) enfin, l’adoption de  la loi n°2014-015 du 27 mai 2014 portant prévention et répression de l’enrichissement illicite.



 



Excellences, Mesdames et Messieurs ;



Le Mali a été constamment au rendez-vous de la création et de l’animation des organisations régionales, sous-régionales et communautaires. C’est à ce titre qu’il a, entre autres, abrité à Bamako, en décembre 2009, l’Assemblée Générale des Institutions nationales de lutte contre la corruption des Etats de l’Afrique de l’Ouest, membres de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, sous la dénomination abrégée de RINLCAO. Les présentes assises confortent ainsi l’évolution dynamique d’une entreprise courageuse et pertinente dans le cadre de la recherche d’un parchemin efficace de lutte contre la corruption dans les pays africains, particulièrement de l’Afrique de l’Ouest,  qui, loin d’être des terreaux de transferts de modèles, cherchent énergiquement les solutions les plus idoines pour leur développement économique et social. C’est le lieu de rendre un hommage mérité aux initiateurs de ce projet et à l’ensemble des acteurs, ici présents, dont l’abnégation a permis d’organiser les présentes assises.



Cet élan doit nous conduire, pendant  ces journées, à examiner avec assiduité les projets de statuts qui nous seront soumis afin de consolider davantage les actions que le RINLCAO a déjà entreprises.  Je sais que chacun de nous mesure parfaitement le gain de chacune de nos organisations quant à la prise en compte des évolutions institutionnelles à intégrer pour que les statuts, objet de cette Assemblée Générale Extraordinaire, soient à hauteur de nos attentes.



Ne doutant point de votre engagement et en vous renouvelant mes sincères remerciements, je déclare ouvert, au nom du Vérificateur Général du Mali, les travaux de l’Assemblée Générale Extraordinaire du Réseau des Institutions Nationales de Lutte contre la Corruption en Afrique de l’Ouest.



 



Je vous remercie de votre aimable attention



Photo de famille:



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Dernière mise à jour de cet article: 19-07-2019