Ouverture au Mali du premier Forum sur la Paix et la sécurité au Sahel

posté le 17-09-2014

Ouverture au Mali du premier Forum sur la Paix et la sécurité au Sahel

La première édition du Forum international des jeunes sur la Paix et la Sécurité dans le Sahel s’est ouverte ce Mardi 16 Septembre 2013 au Centre International de Conférences de Bamako sous la Présidence de Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République du Mali. Organisé par le Conseil National des Jeunes en partenariat avec la Fondation Forum de Bamako, cet évènement est le premier du genre dans la capitale malienne. C’est un cadre de réflexion de la jeunesse  visant à trouver des solutions durables aux problèmes du Mali, en particulier, et de la bande sahélo-saharienne de manière générale. Le Vérificateur Général du Mali y a été représenté par Cheick Oumar DIALLO, Chargé de communication.

Selon les organisateurs, l’un des principaux objectifs du Forum est de lutter contre le terrorisme en mobilisant le maximum de jeunes de la région sahélienne afin d’échanger sur les causes profondes des crises identifiées dans cette région d’Afrique, à savoir : le chômage, le sous-développement, l’absence d’activités génératrices de revenus et les faiblesses sécuritaires des Etats. Parlant particulièrement de la crise malienne, le Président du Conseil National des Jeunes, Mohamed Salia TOURE, dira que « la jeunesse n'a pas de solution toute faite mais elle souhaite que cette crise figée par les armes soit débloquée ».

La cérémonie d’ouverture a été marquée par les interventions successives de Monsieur Abdoullah COULIBALY, Vice-Président du Forum de Bamako, de l’ancien Président du Burundi Monsieur Pierre Buyoya, représentant Spécial de l’Union Africaine pour le Mali, Monsieur Arnaud AKODJINOU, Adjoint au Chef de la MINUSMA, l’Ambassadeur Richard ZINK, Représentant permanent de l’Union Européenne (UE) au Mali, Maître Mamadou Gaoussou DIARRA, Ministre de la Jeunesse et de la Construction Citoyenne ainsi que du Président de la République, Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA.  Chacun des intervenants est revenu sur l’importance du rôle de la jeunesse dans la résolution des crises en Afrique.  « Huit (8) millions de maliens ont moins de 16 ans. Quelle grande opportunité! L'Europe a, pour sa part, une moyenne d'âge de quarante (40) ans. Les enjeux sont donc très différents », insistera le Représentant de l’UE. S’adressant aux participants, Richard ZINK affirmera qu’ « en Europe les jeunes n'attendent plus de l'Etat qu'il crée des postes de fonctionnaires. En Afrique, c'est aux jeunes de créer des entreprises et se lancer dans l'entreprenariat ».

Pour leur part, expliquant le rôle de l’ONU et de l’UA au Mali, les responsables de ces missions internationales ont expliqué l’approche multidimensionnelle de la communauté internationale dans la résolution de la crise qui secoue le pays. Elle comprend notamment la prise en compte des enjeux sécuritaires, le renforcement de la coopération entre les pays du Sahel et la promotion de la bonne gouvernance. S’exprimant au sujet des discussions d’Alger, Arnaud AKODJINOU affirmera que « l’action de la MINUSMA est axée sur la promotion du dialogue » avant d’ajouter que « le rôle de la médiation n'est pas d'imposer une solution aux différents acteurs ». Dans le même élan, le Président Pierre BUYOYA rappellera l’importance d’améliorer la gouvernance dans les pays africains. « La Bonne Gouvernance n'est pas que politique. Elle doit se combiner à une lutte contre la corruption et une gestion saine des ressources publiques qui permette aux populations d'en contrôler la gestion! Pour que les efforts internationaux produisent des effets, il faut que les Etats soient plus présents et impliquent les populations. Il faut pouvoir juguler les sentiments d’injustice et de marginalisation des populations », insista l’ancien Président du Burundi.

Dans son discours d’ouverture, le Président de la République du Mali est longuement revenu sur la crise qui secoue le pays ainsi que sur les négociations d’Alger et la politique qu’il mène pour résorber le chômage des jeunes. Selon le Chef de l’Etat, « lorsque l’Etat ne peut plus assurer ses fonctions régaliennes, [il devient] le ventre mou ». Abordant l’évolution des négociations d’Alger, le Président malien lancera un appel à la « vigilance » au Peuple malien : « Derrière les groupes armés, il y a une vraie force cachée et tapie dans l’ombre mais qu’à Dieu ne plaise, nous veillons ! Face à certains que nous voyons, peuvent se révéler ceux qui souhaitent installer le Califat. Toutes les manœuvres sont à l’œuvre pour nous déstabiliser », affirma-t-il. Pour le Président malien, rien ne sert de forcer la marche des évènements. « Ne me demande pas de faire ce que tu n’as pas fait chez toi ! Chers jeunes, aucun dirigeant africain, encore moins IBK, n’acceptera certaines choses ! », martela-t-il devant les participants. Parlant de ses efforts pour redresser la barre du chômage, le Président de la République affirmera être prêt à aller « au bout du monde » pour créer de l’emploi. « Nous aurons des relations avec tous les pays du monde sans exclusive aucune », insista-t-il.





La première édition du Forum international des jeunes sur la Paix et la Sécurité dans le Sahel se tiendra du 16 au 18 Septembre à Bamako autour de panélistes tels qu’André BOURGEOT, chercheur, et Cheick Tidiane GADIO, ancien ministre sénégalais des affaires étrangères. Elle regroupe dix-neuf (19) délégations venues d’Afrique, d’Europe et du Canada parmi lesquels figurent les jeunesses des Etats membres du G-5 du Sahel (Burkina Faso, Mauritanie, Mali, Niger, Tchad).



 



Dernière mise à jour de cet article: 19-05-2019