Délinquance financière : Sina Damba écrouée, et les autres ?

posté le 24-08-2015

 « Délinquance financière : Sina Damba écrouée, et les autres ? »



sdOn la disait être dans le collimateur du pôle économique et financier, depuis des mois. Finalement, Mme Maïga Sina Damba, ancienne directrice de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi, a été placée sous mandat de dépôt et écrouée, le jeudi 20 août dernier, à la prison pour femmes de Bollé. Motif ? La dame Damba, accusée de crime « d’atteinte aux biens publics, délit de favoritisme et fractionnement de marchés », aurait fait de la résistance en refusant, pendant plus de trois semaines, de déférer à la convocation du juge qui a finalement lancé un mandat contre elle.



Ainsi, Sina Damba rejoint Issa Tiéman Diarra, également placé sous mandat de dépôt et écroué, depuis le 28 juillet à la prison centrale de Bamako, pour le même chef d’accusation. Ces deux personnalités, qui se sont succédé à la tête de l’Apej, seraient impliquées dans une affaire de détournement présumé de quelque 5,6 milliards de nos francs. Ce « trou » dans les finances de l’Agence a été décelé par le bureau du vérificateur général, après la vérification de la gestion financière et comptable des exercices 2010, 2011, 2012 et 2013. La justice avait alors été saisie par qui de droit pour entendre les présumés responsables. Parmi les personnes citées, il y a aussi Modibo Kadjoké qui fut également ancien DG de l’Apej et ancien ministre. Celui-ci, l’on se souvient, a démissionné de son poste de président du comité d’organisation du sommet Afrique-France.



Qu’a-t-il précipité la chute de Sina ? Une source bien introduite rapporte que Mme Maïga « avait fait de la résistance en refusant de déférer à la convocation du juge régulièrement servie pendant plus de trois semaines. Un mandat d’arrêt fut alors lancé contre elle. A la suite de laquelle les limiers du pôle économique et financier l’ont cueillie quelque part dans le district de Bamako pour la ramener devant le juge… ». Ancienne ministre et responsable du Cnid, Sina Damba est aussi membre de certaines associations féminines. Son arrestation est diversement appréciée. Si certains estiment qu’elle (cette action) est logique, au vu des rapports du Vegal ; d’autres critiquent la mesure. Pour ceux-ci, Sina ne peut être poursuivie alors que d’autres personnes (proches du pouvoir), impliquées dans des scandales (achat de l’avion présidentiel et contrat d’équipement militaires), ne sont nullement inquiétées. Deux poids, deux mesures ?



La Rédaction



Dernière mise à jour de cet article: 22-11-2017